_ Le réel, nouvel opium ?
Photographie exposée : Reality. Stars Island. Miami. Floride.
dimension : 60 x 46 cm. Couleur.

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Invité par la galerie Les Filles du Calvaire, l’association est-ce une bonne nouvelle présente une exposition qui interroge le réel comme principe fictionnel autour des œuvres de plus d’une vingtaine de vidéastes et d’une dizaine d’écrivains.

Artistes présentés : Soufiane Adel, Emmanuel Adely, Christian Barani, Taysir Batniji, yann beauvais, Edson Barrus, Raphaël Boccanfuso, François Bon, Arno Calleja, Sonia Chiambretto, David Christoffel, Sophie Coiffier, Anne-Marie Cornu, François Daireaux, Louise Desbrusses, frédéric dumond, Jan Duyvendak, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Agnès Geoffray, Julien Gourbeix, Fred Griot, Patrick Hébrard, Oh Eun Lee, Daniel Lê, Cyrille Martinez, Sabine Massenet, Sara Millot, Eléonore de Montesquiou, Françoise Parfait, patrickandrédepuis1966, Alex Pou, Matthieu Savary, Jean-Claude Taki, Bertrand Wolff, Brigitte Zieger.

Exposition du 4 février au 27 février 2010
Vernissage le jeudi 4 février de 18h30 à 21 h
Performances le samedi 20 février de 17h 30 à 19h
Remerciements à Christine Ollier et Marie Magnier, ainsi qu’à toute l’équipe de la galerie.


note d’intention , août 2009
le réel, nouvel opium ?

la question, posée à 28 artistes et écrivains, met en relation deux termes a priori antagonistes : – le réel, par définition ce qui est, c’est-à-dire l’ensemble du monde visible et invisible, ce à quoi donc personne ne peut échapper – l’opium, qui génère une conscience décalée, qui permet d’accéder à d’autres états de réalité et en même temps de s’abstraire du réel, de s’en “évader” en sorte que dans la question posée, le réel (représenté) peut être ce qui sert à masquer la réalité “vraie” (le monde), et en même temps ce qui permettrait de donner une image du réel dans son essence.

1. si le réel est le nouvel opium, il y aurait donc au nombre des usages contemporains de la réalité, un ensemble de représentations du réel qui servent à le masquer, à le cacher sous l’apparente transparence du “vrai” le réel serait devenu un dogme : ce qui est montré est vrai, incontestable, puisque ça a eu lieu, puisque donc c’est réel ce qui sous-entendrait que les sociétés contemporaines occidentales (celles de l’image) créeraient ce nouvel opium à destination des autres et d’elles-mêmes, en unifiant des représentations fictionnelles du monde sous le sceau du réel une unification de la représentation qui utilise la fiction, et pénètre d’ailleurs tous les domaines (du design… à la prospective) en généralisant par exemple la notion de scénario. le storytelling en est un dernier avatar, sans oublier la notion de séquence (en politique, l’’évolution d’un projet est divisé en séquences). C’est la fiction qui domine avec comme alibi l’ancrage dans le réel pour « prouver » la vraisemblance et la vérité de ses propos… comme si le réel était l’ultime frontière, la nouvelle frontière contemporaine (ou le dernier rempart) (à quel cadre historique en sommes-nous pour arriver (presque) à l’unification totale des représentations (le désir occidental) ? un réel unifié dans ses représentations génériques, une doxa du réel qui ne peut conduire qu’à une régression ontologique ?)

2. s’il y a quelque chose de fondamentalement pertinent à poser le réel comme source et objet de la représentation, il est trop souvent utilisé comme alibi-décor, comme decorum à des fictions et/ou à des représentations. Toutes espèces de production de formes qui sont en fait des représentations idéelles, sans aucun rapport avec le réel comme s’il s’agissait d’accorder au réel une dimension justifiante, comme si le réel était un champ de force « vrai », global, entier, où la représentation peut s’épanouir et apparaître hors de toute sphère d’influence

à l’encontre de ces positions, il nous parait important de travailler aujourd’hui le réel comme événement, c’est-à-dire quelque chose qui n’a lieu qu’une seule et unique fois, sans double ni répétition possible c’est-à-dire quelque chose d’absolument irréductible à toute forme de définition, de cadrage, de contrôle, de limite, d’universalité, de copie, de double, etc. travailler le réel, travailler le champ du réel, travailler dans le réel, travailler avec le réel, travailler le « ça a lieu », le « ce qui arrive » dans le champ de l’expérience l’expérience étant très certainement un des moyens les plus directs d’accès au réel, d’accès pour chacun à son propre rapport au réel, unique, singulier, solitaire (à l’antithèse absolue du globalisant)

en somme, il faudrait faire exploser ces notions de réel et de fiction qui n’ont pas de raison d’être, l’expérience est ce qui peut seulement se revendiquer

3. c’est la raison pour laquelle nous avons demandé à un nombre conséquent d’artistes, de réalisateurs et d’écrivains de travailler sur cette question

de manière à ce que la multiplicité des positions et des pièces constituent une théorie1 de consciences décalées, d’approches singulières qui génèrent autant de représentations du monde en différance2 de la vision normée générique

l’opium, alors en contrepoint de ce qu’il est pour Marx (« la religion est l’opium du peuple »3), est au contraire ce qui induit la possibilité du différend4, d’un territoire de pensée propre à chacun

donc de l’existence de l’autre comme expérience et comme événement

fd chb ea pour est-ce une bonne nouvelle


notes :

1. une suite, un ensemble de 2. la différance est un concept développé par Derrida à l’origine dans une conférence donnée en 1968. « la différance est la différence qui ruine le culte de l’identité et la dominance du Même sur l’Autre ; elle signifie qu’il n’y a pas d’origine (unité originaire). Différer, c’est ne pas être identique. la différance marque un écart qui s’écrit (le a) que l’on voit mais que l’on n’entend pas. différer, c’est déplacer, glisser, déjouer. la différance est le devenir (lutte contre les significations figées) ; elle est le déplacement des signifiants qui signifient en marge puisqu’il n’y a pas de signifié transcendantal, originel et organisateur. » in Déconstruction et différance, Par Lucie Guillemette et Josiane Cossette, Université du Québec à Trois-Rivières 3. in critique de la philosophie du droit de Hegel, 1844, co-signé avec Engels, in 1er numéro des annales franco-allemandes, revue dirigée par K. Marx au moment de son exil à Paris, rééd. Aubier, Paris. 4. le différend, tel que lumineusement observé par JF Lyotard, dans Le Différend, éd de minuit, 1983. le différend parce qu’il y a de l’hétérogène, qu’on ne peut pas éviter les conflits (impossibilité de l’indifférence), tout cela dans et par le langage, « en montrant que l’enchaînement d’une phrase sur une phrase (même le silence est phrase) est problématique, et que ce problème est la politique ». la pensée de la dispersion est le contexte de la réflexion.


English

The real, the new opium ?
Photography : Reality. Stars Island. Miami. Floride.
dimension : 60 x 46 cm. Color.

Invite by Galery Les Filles du Calvaire, the association "est-ce une bonne nouvelle" presents an exhibition that questions the real principle as fictional works around more than twenty video artists and a dozen writers.
Curators : Emmanuel Adely, Christian Barani, frédéric dumond

the question asked to 28 artists and writers, connects two terms a priori antagonists - the real, which is by definition, what it is , that is to say the entire visible and invisible world, so what person can’t escape - opium, which generates an offset consciousness, which allows access to other states of reality and simultaneously to abstract the real, is to "escape", the real (represented) may be what is used to hide the "real" reality (the world), and at the same time which would give a picture of the real in its essence.

Artists presented : Soufiane Adel, Emmanuel Adely, Christian Barani, Taysir Batniji, yann beauvais, Edson Barrus, Raphaël Boccanfuso, François Bon, Arno Calleja, Sonia Chiambretto, David Christoffel, Sophie Coiffier, Anne-Marie Cornu, François Daireaux, Louise Desbrusses, frédéric dumond, Jan Duyvendak, Jean-Michel Espitallier, Jérôme Game, Agnès Geoffray, Julien Gourbeix, Fred Griot, Patrick Hébrard, Oh Eun Lee, Daniel Lê, Cyrille Martinez, Sabine Massenet, Sara Millot, Eléonore de Montesquiou, Françoise Parfait, patrickandrédepuis1966, Alex Pou, Matthieu Savary, Jean-Claude Taki, Bertrand Wolff, Brigitte Zieger.

Exhibition : 4 february to 27 february 2010
Performances the saturday 20 february. 17h 30 to 19h
Thanks to Christine Ollier, Marie Magnier, and all the staff of the galery.

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