Le mot "cinéma" vient, comme chacun sait, du grec kinema / kinesis, qui signifie "mouvement". Ce rappel étymologique me semble particulièrement pertinent pour présenter le travail de Christian Barani (né en 1959) : en tant que "vidéaste" itinérant, il ne se contente pas de produire des images en mouvement, il inscrit l’acte de filmer dans un processus performatif plus large basé sur le déplacement du corps physique de l’artiste, de son point de vue et de son "point intérieur".

Dans la conversation qui suit, Barani expose sa pratique artistique, dont les fondements sont le voyage autour du monde, les rencontres fortuites, la technologie numérique Lo-Fi et le plan-séquence, cela aboutissant à la transformation de son corps en médium. Néanmoins, en devenant presque littéralement un "moyen de transport / connexion", il ne cherche pas à offrir au public un simple ersatz de tourisme ; le "ciné-athlétisme" de Barani (je reprends ce terme d’un manifeste d’avant-garde de Maïakovski et d’un livre de Grosoli et Reiter consacré à Werner Herzog), est plutôt une tentative de capturer et d’accumuler l’expérience du monde, offrant une "matière brute" que les gens pourront découvrir dans une galerie d’art, un cinéma, ou éventuellement sur Youtube.

Reprenant le principe même de la dérive qui guide le "vidéaste", l’entretien se laisse aller à emprunter, lui aussi, quelques chemins de traverse : ainsi, au moment d’évoquer des questions de représentation et d’espace d’exposition, Barani nous transporte soudain des gratte-ciel de Dubaï au monde mystique d’un peintre du Quattrocento...
Michael Guarneri.

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