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Ces porteuses sont tibétaines. Ces femmes sont soit des réfugiées soit des descendants de réfugiées qui ont fui la violence du régime chinois. Elles vivent dans une vallée qui mène au Manaslu, l’un des plus hauts sommets de l’Himalaya. Leurs villages ont été construits en haute altitude, entre 3 500 mètres et 4 000 mètres, dans une région délaissée par les népalais car la vie y est extrêmement difficile.
Les gouvernements népalais n’apprécient guère les Tibétains. Ils les rejettent le plus souvent dans les hauteurs glacées des vallées. Partout, quelque soit les cultures, le réfugié est rejeté.
Ces femmes portent dans leurs paniers, une cinquantaine de kilos d’épines de pins qui vont être disposées sur la terre pour protéger les champs à cultiver. Le froid est encore présent et la neige vient juste de disparaître. Il faut donc protéger les graines ou les morceaux de pommes de terre qui sont ou vont être semées. Nous sommes au mois de Février. Ils et elles n’ont que quelques mois pour exploiter, cultiver et produire la nourriture qui leur permettra d’être en autosuffisance.
Sur des kilomètres et dans des conditions très périlleuses elles et ils portent. Les sentiers sont au bord de falaises, le vent souffle fort et risque de les emporter dans le vide. Les ponts sont vétustes et leurs supports de bois, souvent brisés par les multiples passages et le temps, laissent apparaître les rochers et la rivière qui coule dans le fond. Elles portent et marchent sans chaussures car trop chères, le plus souvent en tongues.
Leurs conditions de vie sont très rudes et les caractères en découlent. Rudes et accueillantes en même temps, les femmes tibétaines sont très indépendantes. Elles luttent.
Ces femmes portant ces sculptures végétales m’apparaissent. Je décide de les filmer. Ce long plan séquence représente, la puissance de ces femmes, l’effort physique produit, la beauté de ces sculptures végétales mais aussi la naissance d’une image. Ce plan séquence démontre que rien n’est donné et qu’il faut souvent lutter, ne rien lâcher pour créer ce lien indispensable à l’autre pour produire des images dans l’acceptation.

Plan séquence : 7 min 30
Février 2005
Népal


English

These carriers are Tibetans. These women are either refugees or descendants of refugees who have fled the violence of the Chinese regime. They live in a valley that leads to Manaslu, one of the highest peaks of the Himalayas. Their villages were built at high altitudes, between 3,500 and 4,000 metres, in a region neglected by the Nepalese because life is extremely difficult.
Nepalese governments do not like Tibetans. They mostly reject them in the icy heights of the valleys. Everywhere, whatever the cultures, the refugee is rejected.
These women carry in their baskets, about fifty kilos of pine thorns that will be arranged on the earth to protect the fields to be cultivated. The cold is still there and the snow has just disappeared. We must therefore protect the seeds or pieces of potatoes that are or will be sown. It is February. They only have a few months to farm, grow and produce the food that will allow them to be self-sufficient.
Over miles and under very dangerous conditions they and they carry. The paths are at the edge of cliffs, the wind blows strong and risks taking them into the void. The bridges are dilapidated and their wooden supports, often broken by multiple passages and time, reveal the rocks and the river that flows into the bottom. They wear and walk without shoes because they are too expensive, usually in flip-flops.
Their living conditions are very harsh and the characters flow from them. At the same time, Tibetan women are tough and welcoming, and they are very independent. They struggle.
These women wearing these plant sculptures appear to me. I decide to film them. This long sequence plane represents, the power of these women, the physical effort produced, the beauty of these plant sculptures but also the birth of an image. This sequence plan shows that nothing is given and that it is often necessary to fight, to leave nothing to create this link essential to the other to produce images in acceptance.

Single sequence-shot : 7 min 30
February 2005
Nepal

© Christian Barani 2021 |
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