PARADIS (perdu)
un film de Christian Barani
avec l’aide de la bourse Hors les murs de l’Institut français.

english

PARADIS (perdu) est un film sur et dans le paradis perdu du Liban. Depuis des siècles, cette terre contient un espace qui aurait pu. Un lieu où tout était réuni pour vivre en paix. Un paysage méditerranéen généreux et accueillant, un horizon qui éloigne et rapproche, une lumière et surtout une culture si particulière pour la région. Mais « les extérieurs » en ont décidé autrement et déstabilisent à leur gré le pays. Au fil des siècles, cette terre s’est transformée suite aux nombreuses violences subies. Aujourd’hui le paradis n’est plus. Le paradis est perdu.

Cet essai documentaire représente un temps rompu, un temps qui n’est plus linéaire. Au paradis perdu, les temporalités s’affrontent simultanément. Les temps passé, passé-présent et présent- passé cohabitent et se composent de fragments temporels qui émergent sans lien apparent. La mémoire devient chaotique, presque impossible à bâtir et à organiser. À partir de là, l’histoire devient impossible à produire et ne permet plus de construire un futur. Le film accueille cette mémoire dans sa forme mouvante. Le film n’est pas un récit linéaire qui évolue au fil de la narration mise en place. Le Liban n’est pas une terre comme les autres. La narration du film doit pénétrer l’espace de cette mémoire fragilisée.

Sur et dans ce territoire, la mort et la religion se sont glissées depuis si longtemps dans les interstices de la vie libanaise qu’elles deviennent incontournables. Dans un même mouvement, elles structurent et fissurent la société. C’est dans ces espaces que nous avons dérivé et filmé. Cet essai poétique ou essai documentaire se compose de fragments mémoriels qui jaillissent pour composer une représentation discontinue, comme la vie libanaise. Dans le film, la mort est apportée par un gaucher de la jambe, un envahisseur qui traverse le territoire à la recherche d’un espace où il pourrait être. Un envahisseur qui dépose du feu, qui tant de fois a pénétré dans, a violenté, a déstabilisé. La religion prend la forme de paroles de femmes croyantes qui dessinent pour la première fois un espace qui leur est propre. Car depuis toujours, seuls les hommes ont représenté les espaces religieux et notamment le paradis. Une parole qui se libère du cadre de la religion stricte pour inventer une relation au monde personnelle, un ailleurs imaginé, souhaité.

Paradis (perdu) agglomère ses temps, ses récits, ses traversées du territoire à la recherche d’un… Paradis (perdu) convoque ces fissures provoquées par la mort et la religion, fait émerger des séquences de vie parfois vide ou vidée ou emplie d’une certaine folie. Cet essai documentaire est une traversée aléatoire dans ce territoire où l’enfer a pris position.

musique originale : Bertrand Gauguet
avec : Julien Gourbeix, Ghada Najjar, Carina Safieddine, Batoul Hassoun Darine Akra, Miladi Khoury, Zilda Hallaq, Candice Raymond, Eli Souaïby
texte : Emmanuel Adely
voix : Lamia Joreige
montage son : Bertrand Gauguet
mixage : Christophe Hauser
traduction : Candice Raymond, Jameel Subay
producteur : Christian Barani / Olivier Marbœuf
producteur associé : Cédric Walter
avec la participation de : Sara Millot, Bernard Salignon, Flora Moricet, Mona Assaf, Nadia Safieddine, Souad Slim
production : Christian Barani / Spectre

durée : 62 min
année : 2020

English PARADISE a movie by Christian Barani
with the support of the French Institut : Hors les murs.

PARADISE lost is a film about the lost paradise of Lebanon. For many centuries, this land has contained a space that could have been otherwise. A location where all the elements were present so that peace could blossom. In this lost paradise one is met by a mediterranean landscape that is warm and welcoming. Then there is the horizon, one that is paradoxical because it separates and unites. One sees a light and a culture that are unique in this particular part of the world. However « the outside world » has had other plans and it is constantly undermining the country. Throughout history, numerous conflicts have transformed this land. Today this paradise does not exist anymore. It has been lost.

This documentary essay represents time being broken. A timeline that is crooked. In the lost paradise, various temporalities fight simultaneously. The « past », « past-present » and « present-past » coexist, composing fragmented pieces of time that emerge with no apparent link. The idea of memory becomes chaotic, difficult to organise and almost impossible to build upon. Hence, producing a story becomes nearly impossible and one cannot project oneself into the future. The film presents memory in its ever-moving shape. It is not a linear story that evolves over the course of the plot. Lebanon is a land unlike any other. The narrative of the film seeps through the cracks of this country’s vulnerable memories.

Within this land, death and religion have been present for so long in Lebanese life that they have become unavoidable. At the very same time, they structure and split up society. It is within these spaces of Lebanese society that we have chosen to explore and film. This poetic/documentary essay consists of snippets of memory that appear out of nowhere to form a sporadic picture of Lebanese life.

In this film, death is brought to/by an « intruder » or « intruders », crossing the land in search of a space where they can stay. Every time they set foot in the Lost Paradise, the intruders spread fire, bringing violence while destabilising the region. Religion takes the form of words devout women utter for the first time. For the first time they are able to paint and create a space that is their own. Since the beginning of time, only men have been represented in these religious spaces. This includes the Lost Paradise. Finally, a message manages to detach itself from the pre-established codes of religion to form its own relationship with the world : an « elsewhere » that we can imagine and wish for.

Lost Paradise agglomerates moments, stories and voyages across this land and region, in search of a … Lost Paradise evokes the cracks provoked by death and religion, highlighting sequences of life that can sometimes seem empty or filled with a sort of madness. This documentary essay is a haphazard crossing into this territory where « Hell » prevails.

Traduction anglaise : Tobias Cahen

original music : Bertrand Gauguet
with : Julien Gourbeix, Ghada Najjar, Carina Safieddine, Batoul Hassoun Darine Akra, Miladi Khoury, Zilda Hallaq, Candice Raymond, Eli Souaïby
text : Emmanuel Adely
voice : Lamia Joreige
sound editing : Bertrand Gauguet
mixage : Christophe Hauser
translation : Candice Raymond, Jameel Subay
producer : Christian Barani / Olivier Marbœuf
associate producer : Cédric Walter
with the participation of : Sara Millot, Bernard Salignon, Flora Moricet, Mona Assaf, Nadia Safieddine, Souad Slim
production : Christian Barani / Spectre

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