Sous le régime soviétique, grâce à ses eaux curatives, la ville thermale de Tskaltubo accueillait des dizaines de milliers d’habitants de l’URSS. Construite de toute pièce par la volonté de Staline, Tskaltubo est une ville de composition circulaire qui accueille en son centre des établissements de soins entourés de canaux et de jardins. Sur les collines environnantes 17 immenses hôtels furent construits pour recevoir les 125 000 personnes qui y séjournaient par an.

Aujourd’hui la ville thermale est à l’abandon. À la chute du régime, le pays connu un effondrement social, économique et politique. La famine, le désordre et la corruption s’imposèrent dans tout le pays. En 1992, une guerre civile éclata sous la pression de la Russie dans la région de l’Abkhazie, au nord-ouest du pays faisant des dizaines de milliers de morts. Les non abkhazes durent fuir et une partie se réfugia dans ces hôtels abandonnés de Tskaltubo. Depuis cette date, ils squattent dans ces squelettes d’architectures et se ré-inventent un possible, une vie.

Ce film triple écrans est une dérive poétique dans ces espaces abandonnés où la nature compose avec l’histoire, envahit les architectures modernistes vestiges d’une utopie, où la nature offre aux réfugiés la possibilité de s’organiser et de survivre. Dans ces palaces, hier fierté du régime, dans ces lieux pillés par nécessité lors de la chute de l’URSS, des femmes, des enfants et des hommes s’inventent un possible de vie. Ils élèvent des animaux, cultivent les jardins, transforment les intérieurs des hôtels en habitations.
Associés à ces traversées et à ses rencontres, des extraits du livre "La fin de l’homme rouge" de Svetlana Alexievitch nous révèlent des témoignages du conflit armé de l’Abkhazie. Ces récits associent un autre point de vue aux situations filmées. Ils tissent un pont géographique et historique.
Au cœur de cette dérive, une villa abandonnée contemple la ville recouverte de vert. Durant la découverte de ces multiples pièces, de sa salle de cinéma, un texte de l’écrivain Emmanuel Adely nous évoque la présence incertaine d’un homme qui a fait tué au moins vingt millions d’êtres humains.

Ce film raconte sur trois écrans la violence subie par les habitants de cette ville lors de la chute du régime soviétique et questionne l’arrivée de la post-modernité dans ce pays d’ex Union soviétique.

Ce film triple écrans a été produit par Agora 2017, la biennale d’architecture et du patrimoine de Bordeaux.
Exposition à la Station Ausone
du 15 Septembre au 16 octobre 2017

Dispositif : 3 vidéo-projections synchronisées et 4 enceintes.
Durée  : 1h 30min


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